enfin de la poésie orinique

Publié le par Pierre Thareau de Larial

Ce terme de "poésie orinique" vient de Coline F., ma chère et tendre amie dont l'art spirituel et aérien obtient la plus qu'immense totalité de mon crédit. Très critique -mais d'une véritable critique- elle fut la première à lire les ébauches de mes premiers poèmes. Lorsque fut venu l'heure terrible du jugement elle me dit: Ils me font rire ! Ce fut pour moi le plus beaux de tous les crédits, l'espoir innatendu d'une légère et amusante reconnaissance par l'une des plus grande artiste peintre & vitrailliste du XXIème siècle. Elle me dit alors (nous étions dans sa maison-oeuf près de son atelier de verrerie): C'est ironique et onirique; s'imposa alors ce terme d'ORINIQUE.La poèsie orinique contient toute l'ironie du rêve. Il n'est point besoin de trop l'expliquer, ni même de l'expliciter. Il faut juste la gouter, je crois. Elle sort du plus profond de mes abîmes anachrones pour s'envoler sur les forests d'hiver ou d'automne. De vieilles forests branchues et atemporelles. Mais, me direz-vous, si elles sont vieilles elles ne peuvent être aussi atemporelles. Voici encore le paradoxe de l'orinique.


Un soir givreux
la nuit tombant,
en mon logis
au coin du feu
qui crépitait en rougeoillant,
qui scintillant dans la pénombre,
j'étais tapis dans mon fauteuil,
engonssé dans mon col haut
et fourré comme une truffe en pâte,
les jambes cachées sous la couverte
qu'avait usée ma grand-grand-mère.
SEUL,
comme un trappiste-hermite après un dîner bernardin
en ce vieux logis des campagnes,
des montagnes henri-pourratiennes,
isolé comme un champignon
qui champignonne loin de tout,
mes pensées s'évasaient,
la nuit tombait.

Je jubile,
heureux d'estre oublié
de la foule amie,
de la foule ennemie,
de la foule ignorée,
                ignorante,
                figurante.
C'est la joie de ne plus savoir penser,
faute de force,
d'intérest,
pour entrer dans le songe
et ne plus porter que l'Amour
de Dieu conceptualisé loin,
nécessaire,
bienveillant,
et du bien reposant qu'Il m'octroie
par le profond repos de l'âme
dans la pénombre
de cette nuit givreuse,
profonde.

Le sommeil arrive.
Il me fait glisser,
sombrer avec le noir,
me fondre dans le sombre
pour passer le frontière du vrai,
perdant le sens et le conseil
et entrer au pays des rêves...
                                    "...les bois étaient noirs jusqu'à l'horizon..."

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